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EN L'ABSENCE

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accroche

"deux acteurs qui font le projet d'une pièce"

résumé

Huit personnages sur le plateau: dans leur entreprise pour créer une pièce de théâtre qu’ils veulent originale, nouvelle et - pour certains d’entre eux - riche de dialogues, ils se heurtent au vide désespérant de leur imagination. Les procédés, ils les exploreront tous. Le brainstorming ne les amène qu’à des platitudes sans nom. Les souvenirs d’enfance de chacun les écartent de leur sujet. Mais nos fantasmes finissent toujours par nous rattraper.

auteur, Robert Pinget

"J'ai écrit cette pièce d'abord par délassement (le roman m'impose un plus grand effort de concentration), ensuite parce que j'ai eu envie de rédiger un dialogue qui permette aux comédiens de montrer toutes les facettes de leur art, toutes les expressions possibles." (Le Figaro, 26.12.1970)

Robert Pinget est né le 19 juillet 1919 à Genève. En 1930, il commence à jouer du violoncelle. Après des études de droit, il exerce la profession d'avocat pendant un an puis quitte Genève et s'inscrit aux Beaux-Arts à Paris où il est l'élève de Souverbie. En 1950 il expose dans une galerie de Saint-Germain-des-Prés. L'année suivante, il publie un recueil de nouvelles, Entre fantoine et Agapa. Il se tourne définitivement vers l'écriture à partir de 1952 avec son premier roman : Mahu ou le matériau. Il entre en 1956 aux éditions de Minuit avec la publication Graal Flibuste. Robert Pinget a obtenu le Prix des Critiques pour L'Inquisitoire (1962), le Prix Femina pour Quelqu'un (1965). En 1987, Pinget est tête d'affiche du Festival d'Avignon où sont jouées toutes ses pièces. Robert Pinget est décoré de la Légion d'honneur (1982) et de l'Ordre National du Mérite (1989). En 1990, le Grand Prix National des Lettres lui est décerné pour l'ensemble de son oeuvre. Robert Pinget est mort le 25 août 1997 à Tours, quelques semaines après l'exposition et le colloque international qui lui furent consacrés.

notes

Abel et Bela avait d'abord été écrit pour la radio. Pinget dit volontiers qu'il ne voit rien, mais qu'il entend, lorsqu'il écrit. Il a néanmoins adapté la pièce et l'a offerte à la scène, il l'expose ainsi à l'imaginaire de ceux qui vont s'en emparer. Il propose un jeu avec cette substance des mots. Il n'a donc pas désiré se condamner à un intégrisme de pur dialogue. Pinget nous donne une clé pour interpréter son théâtre de la parole, puisqu'il propose, dans la version pour la scène, une chute à dimension visuelle, qui n'existe pas dans la version radiophonique. A partir du moment où les comédiens sont deux et qu'il y a du public, il y a une image. Dès cet instant, il y a spectacle, qu'il soit mouvementé ou figé… Même Abel qui cherche l'essence du théâtre, reconnaît l'importance d'un public saisi.

adaptation

Quand j'ai fait l'adaptation d'Abel et Bela, qui est un dialogue, pour huit acteurs, je me suis trouvé confronté au problème même d'Abel et de Bela, les personnages: je ne pouvais pas les garder, car ils étaient devenus huit! Il me fallait trouver une astuce et alors m'est venue l'idée que mes huit personnages allaient découvrir le théâtre d'Abel et Bela.

Entrée de scène: le théâtre est plongé dans le noir, huit personnages entrent avec une seule lampe torche, et distinguent ainsi le théâtre, le rideau qu'ils font tomber, puis la scène, que les spectateurs découvrent en même temps: deux costumes blancs, comme des fantômes, quittent leurs fauteuils et disparaissent dans les cintres. Ainsi, Abel et Bela laissent la place à ces huit nouveaux personnages, qui vont vivre la même histoire qu'eux.

Sortie de scène: les fantômes reviennent hanter la scène. Apeurés, les personnages vont se cacher derrière un écran qui se trouve à l'arrière-scène. Une fois les costumes confortablement installés dans leurs fauteuils, l'écran tombe, dessinant une nouvelle scène, plus petite, sur la scène, et laissant apparaître huit autres personnages, masqués: Abel et Bela sont ainsi au théâtre devant la représentation unique de la partouze décrite par Robert Pinget.

Comme Abel et Bela ne sont pas présents pendant la pièce, j'ai appelé le spectacle
En l'Absence.

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